Contourner les épines...

Jeanne de Petriconi et Guillermo G. Peydrò invités sur FR3 Corse

Deux liens pour regarder les émissions Sera Inseme de Philippe Martinetti, sur FR3 Corse, consacrées à Jeanne de Petriconi, artiste plasticienne bastiaise et Guillermo G. Peydrò, réalisateur de films madrilène. Les sculptures de Jeanne et le court-métrage de Guillermo ont été à l'honneur pendant le Festival Arte Mare de Bastia.

 
 


6.2.14 09:49, Commenter

Le Bataillon créole (Guerre de 1914-1918)

Le bataillon créole : guerre de 1914-1918

Quatrième de couverture :

Parle-moi de «Là-bas» ! Parle-moi surtout-surtout de La Marne, grand vent qui voyage sans répit de par le monde ! On dit que Théodore est mort dans une tranchée. Je ne comprends pas. Pourquoi l'armée de «Là-bas» se cachait-elle dans des trous au lieu de monter au front ? Pourquoi y attendait-elle que le Teuton fonde sur elle ?

Man Hortense a perdu son fils Théodore, coupeur de canne émérite, à la bataille de la Marne, pendant la guerre de 14-18. Mais elle ne comprend pas ce qui s'est réellement passé sur ce front si loin de la Martinique... Théodore faisait partie du «bataillon créole» dans lequel des milliers de jeunes soldats s'enrôlèrent pour aller combattre dans la Somme, la Marne, à Verdun et sur le front d'Orient, dans la presqu'île de Galipoli et aux Dardanelles.
C'est du point de vue martiniquais, celui des parents des soldats, que Raphaël Confiant a choisi de nous faire vivre cette guerre. Il y a donc Man Hortense ; mais aussi Lucianise, qui tente d'imaginer son frère jumeau Lucien à Verdun ; Euphrasie, la couturière, qui attend les lettres de son mari, Rémilien, prisonnier dans un camp allemand. Et à leurs côtés, ceux qui sont revenus du front : rescapés, mutilés et gueules cassées créoles...
Éloge de la mémoire brisée et sans cesse recousue, Le bataillon créole donne la parole à ces hommes et ces femmes qui, à mille lieues des véritables enjeux de la Grande Guerre, y ont vu un moyen d'affirmer leur attachement indéfectible à ce qu'ils nommaient la «mère-patrie».

Né en 1951 à la Martinique, auteur de nombreux romans, essais ou poèmes, Raphaël Confiant est l'un des chefs de file du mouvement littéraire de la créolité.


Extraits :

Dans ma salle de classe, la carte de France, apposée à côté du tableau, est la première chose que je vois en ouvrant la porte de celle-ci le matin. J'y pénètre toujours un bon quart d'heure avant la cloche afin de vérifier si les lieux ont bien été nettoyés et si les encriers ont été remplis d'encre violette. C'est que je tiens à ce que les enfants que j'accueille, fussent-ils pour certains, de petits campagnards crottés, la vénèrent, car étudier est le seul et unique moyen pour eux d'échapper à la servitude dans les champs de canne à sucre du Blanc créole et à la semi-servitude des emplois municipaux. Je sais bien que la plupart d'entre eux la quitteront avant l'heure. Parce que le français est trop raide pour leur esprit. Parce que leur mère n'a plus les moyens de se passer de leurs bras. Parce qu'ils souffrent de faim et qu'ils font l'école buissonnière pour aller se gaver de fruits. Parce que... Parce que... Mais au moins, si je peux en sauver un ou deux chaque année, j'ai le sentiment du devoir accompli.

Nos frères d'armes africains étaient les plus mal lotis : ils étaient repoussés par les soldats blancs lorsqu'ils tentaient de s'approcher trop près des feux et leur religion leur interdisait de boire de l'alcool. Peu d'entre eux savaient parler français et ils nous observaient, nous les Créoles, comme des bêtes curieuses, tenant dans leurs langues des propos d'évidence peu amènes à notre endroit. Il est vrai qu'ils étaient toujours les derniers servis lors des repas. D'abord, les Blancs, puis les Antillais, ensuite les Arabes et enfin les Africains. Ainsi en avait décidé notre capitaine dès le premier jour, fulminant "Marche ou crève! Marche ou crève!" lorsqu'il nous arrivait de traîner le pas.

Chaque fois que j'arrive à hauteur de cette foutue statue de Soldat inconnu nègre, je ne peux m'empêcher de déposer ma brouette pour rigoler mon compte de rigolades, ce qui énerve mes chiens Gallipoli et Marmara. (...) Qu'est-ce-qu'il connaît de la guerre, ce zouave drapé dans son uniforme bleu et portant fièrement son casque gris sur lequel les merles viennent chier de jour et les chauves-souris de nuit? A-t-il goûté comme moi à l'enfer des Dardanelles, hein? sait-il ce que c'est que d'être enterré au fond d'une tranchée dans un pays de merde dont j'ai fini par oublier le nom - Grèce? Turquie? Bulgarie? - où la température ne cesse de monter-descendre, vous faisant tantôt crever de chaleur tantôt mourir de freidure?


Mon avis :

Un superbe livre qu'il m'a été permis de découvrir grâce à l'opération Masse critique de Babelio et aux Editions Mercure de France que je remercie. Je suis particulièrement heureuse d'avoir lu ce roman car c'est une période de l'Histoire que j'apprécie beaucoup. Cette plongée au coeur du Bataillon Créole, pendant la guerre de 1914-1918 est très édifiante, très instructive. C'est un roman d'une extrême sensibilité, très émouvant. Un beau livre qui nous fait partager le sort de ses soldats engagés pour libérer la patrie et qui viennent de leurs Antilles natales souffrir du froid et dans la boue des tranchées de la Marne, de Verdun, de la somme ou tomber sous le feu ennemi dans les Dardanelles. Beaucoup tomberont au front, d'autres rentreront éclopés ou marqués à jamais dans leur chair ou dans leur âme. Une belle écriture, un superbe roman, un épisode de notre histoire à découvrir. Belle rencontre avec la plume de Raphaël Confiant.



Le Bataillon créole (Guerre de 1914-1918) - Raphaël Confiant - MERCURE DE FRANCE

22.11.13 15:07, Commenter

En contre-plongée, la mer, au Festival ARTE-MARE de Bastia

Toute une semaine dédiée au cinéma, à Bastia... avec vendredi et samedi la projection du court-métrage de Guillermo G. Peydrò, "En contre-plongée, la mer" qui filme tout le processus de création de la plasticienne bastiaise Jeanne de Petriconi. Un film tourné dans le cadre de la Casa de Velazquez de Madrid, et qui est très attendu par les cinéphiles bastiais.

 

Arte Mare : De Madrid à Bastia, "En contre-plongée, la mer"


Rédigé par Odile AURACARIA le Mercredi 20 Novembre 2013 à 22:27 | Modifié le Mercredi 20 Novembre 2013 - 22:42

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Alors que le court-métrage de Guillermo G. Peydrò, "En contre-plongée, la mer", mettant à l'honneur le travail de Jeanne de Petriconi, va être projeté les vendredi 22 novembre (à 12h15) et samedi 23 (à 14h15) au théâtre, dans le cadre du Festival, notre équipe a pu joindre les principaux protagonistes qui résident à Madrid. L'un et l'autre remercient chaleureusement Michèle Corrotti, présidente du Festival, car c'est sur son invitation que le film va être projeté.


Arte Mare : De Madrid à Bastia, "En contre-plongée, la mer"
Jeanne de Petriconi et Guillermo G. Peydrò ne pourront être présents à Bastia lors de la projection. Au même moment Jeanne se trouvera à Paris, à l'Espace Pierre Cardin, où elle installera ses sculptures "En contre-plongée, la mer". Ses oeuvres y  seront présentées, du 21 au 30 novembre dans le cadre d'une exposition collective des membres de la Casa de Velazquez intitulée "Itinérance 2013." Guillermo, sera quant à lui, à Lisbonne pour la projection de son film "Las Variaciones Guernica" dans le cadre du Festival Temps d'Images.

Parole, en premier lieu, à notre jeune compatriote bastiaise, Jeanne de Petriconi. 
- Jeanne, que pouvez-vous nous apprendre sur votre actualité artistique?

- Après l'Espace Pierre Cardin, mes sculptures "En contre-plongée, la mer" seront exposées dans le domaine de la Garenne Lemot, un espace dédié à la création contemporaine en Loire-Atlantique. D'autre part, je travaille actuellement avec un galeriste de Madrid sur la production en édition limitée de mes livres d'artistes.

 

- Quels sont vos projets?

- Je voudrais continuer à effectuer quelques courtes résidences d'artistes, afin de pouvoir produire de nouvelles pièces, car je ne possède pas encore d'atelier.

 

- Qu'attendez-vous de la projection du court-métrage "En contre-plongée, la mer"?

- J'aime l'idée de présenter mes projets en Corse après les avoir réalisés dans un contexte unique et ainsi partager le résultat de mes expériences de création à l'étranger. Le film est un moyen idéal pour faire découvrir mon processus de création et le résultat de mes recherches.

 

- Pourquoi avez-vous choisi de vivre à Madrid?

- J'ai vécu en Corse jusqu'à ce que je poursuive mes études supérieures sur le Continent, en Avignon puis à Paris. J'ai ensuite passé plusieurs années à développer mes recherches dans le cadre de résidences d'artistes à l'étranger, au Canada, en Finlande, en Suisse et en Espagne. Mes séjours ont alors été partagés entre la Corse et l'étranger. Aujourd'hui, je vis entre l'Espagne, la Corse et le Continent. La Corse est régulèrement présente dans mon travail, depuis ma première sculpture clairement inspirée par ma terre, ses paysages et mes racines, jusqu'à ma dernière série de sculptures "En contre-plongée, la mer" et cette référence à la mer, élément dominant du paysage qui m'a entourée et que j'ai la nécessité de réinventer lorsqu'elle n'est plus à ma portée.

Je n'ai pas vraiment choisi de m'installer à Madrid, j'ai été séduite par la ville et ai souhaité y prolonger mon séjour afin d'y poursuivre les projets que j'y ai entamés et qui me tiennent à coeur.

 

Les principales étapes de Jeanne de Petriconi 

- Université de Corse,

- Beaux-Arts d'Avignon,

- 2009, diplômée, en spécialité sculpture, de l'ENSAD de Paris (Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs),

- 2010, obtient la mention "Best Young Artist" du Festival Arte Laguna de l'Arsenal de Venise,

- Lauréate des Pépinières pour Jeunes Artistes, ce qui lui permet de partir en Résidence au Québec,

- Exposition à la Biennale pour Jeunes Artistes de Moscou,

- 2011, première exposition individuelle au Centre Culturel Una Volta de Bastia,

- 2012, exposition à la Biennale pour Jeunes Artistes de Moscou,

- 2012-2013, Pensionnaire de la Casa de Velazquez, Académie de France à Madrid

Website : www.jeannedepetriconi.com


Guillermo G. Peydrò : "En contre-plongée, la mer est e titre originel du projet de sculptures de Jeanne de Petriconi"

Arte Mare : De Madrid à Bastia, "En contre-plongée, la mer"

- Guillermo, que pouvez-vous révéler de votre actualité?

- Je termine ma thèse qui doit être adressée au jury le 2 décembre prochain. Je m'occupe aussi activement de la diffusion  de mes quatre films qui sont souvent projetés dans le cadre de festivals, cinémas et universités.

 

- Quels sont vos projets immédiats?

- En décembre, je débute le montage de mon premier long-métrage. Je commence aussi un court-métrage sur un peintre espagnol qui travaille en utilisant de nouvelles technologies.

 

- Pourquoi avoir choisi ce titre pour votre film "En contre-plongée, la mer"?

- Simplement pour respecter le titre originel du projet de sculptures de Jeanne de Petriconi, dont il retrace le processus de création.

 

- Pourquoi avoir choisi de vivre à Madrid?

J'ai vécu à Paris, New-York, Bologne, entre autres villes. Mais alors que je rédige ma thèse, je constate que c'est exactement ici, dans cette capitale espagnole, vibrante, en pleine mutation, que je veux habiter. Je m'y sens bien. De plus c'est là que résident ma famille et mes amis.

 

- Dans votre court-métrage, "En contre-plongée, la mer" la bande son occupe une place privilégiée. Pouvez-vous nous parler de votre choix musical et du compositeur Samuel Andreyev?

- J'apprécie beaucoup la musique classique contemporaine et en particulier celle de Samuel Andreyev qui est un compositeur canadien très talentueux. J'avais déjà utilisé une de ses pièces musicales pour mon film "Las Variaciones Guernica". Samuel Andreyev et Jeanne de Petriconi ont tous les deux été boursiers de la Casa de Velazquez au cours de cette saison 2012-2013. J'ai jugé approprié cette collaboration entre nous trois. Pour 2014, j'envisage d'ailleurs d'autres projets avec Jeanne et Samuel.

 

- Vous semblez être un grand voyageur... Connaissez-vous la Corse?

- Non hélas pas encore et je regrette beaucoup d'ailleurs de ne pas être présent à Bastia pour les projections de mon court-métrage. Mais un voyage professionnel est programmé depuis longtemps pour le mois de décembre avec Jeanne de Petriconi. Je me réjouis à l'avance de ce séjour. J'en profiterai aussi pour filmer l'hiver en Corse.

 

Guillermo G. Peydrò

Guillermo, de nationalité espagnole, est cinéaste et historien de l'art et du cinéma. Il a aussi été programmateur au Greenpoint Film Festival de Brooklyn à New-York.

Actuellement, il termine un Doctorat au Musée Reina Sofia de Madrid avec une thèse centrée sur le "film-essai sur l'art" où il étudie les formes de dialogue critique entre le cinéma et les arts visuels depuis le début du XXème siècle, comme leurs applications esthétiques, académiques et politiques.

Ses deux premiers films sur l'art "Las Variaciones Guernica" et "El jardin imaginario" ont été projetés pour la première fois dans la sélection officielle du Film Documenta Madrid 2012, ainsi que dans de nombreux cinémas, musées, universités et centres culturels en Europe, Amérique du nord et Amérique latine.

 

Website : www.guillermopeydro.com

 

21.11.13 10:27, Commenter

L'homme de Marmara

La nuit tombe sur Istanbul

Istanbul - Photo de l'Internaute © Gérard VALCK




Quatrième de couverture :

Lorsqu'ils retrouvent la Mare Nostrum après cinq mois d'un périple autour du monde, les marins du Cévennes ont le sentiment de se rapprocher enfin de leurs foyers. Hélas, le navire est dérouté vers Istanbul où il doit impérativement faire escale.
Au même moment, loin du Cévennes qui poursuit sa course dans la mer Egée, à deux cents milles nautiques par-delà les montagnes qui marquent la frontière entre la Grèce et la Turquie, un homme seul, au large de toute terre, se bat désespérément contre la noyade dans la mer de Marmara.
Ce dernier sera repêché et caché à bord du cargo français. Et tandis que ses souvenirs referont peu à peu surface, l'équipage du Cévennes tentera de percer le mystère de son histoire.


Extraits :

"Guillemot sortit sur l'aileron bâbord. Istanbul, minute après minute, se profilait. Dans la tiédeur du matin, l'odeur d'amande douce mélangée à celle du poisson et des algues monta de la mer jusqu'à lui. Ces effluves entêtants, qu'il avait déjà décelés la veille au matin devant l'île d'Imrali, il devait ne jamais les oublier. C'était le parfum de la mer de Marmara. Il comprit ce matin-là, qu'il reconnaîtrait à jamais cette mer intérieure les yeux fermés, comme il était capable d'identifier Singapour, Djakarta ou Tokyo seulement à l'odeur de leurs eaux."

"Assis devant ce corps en survie, Keller ferma les yeux, longuement. Quels territoires avait-il traversés pour parvenir jusque-là? Avait-il tenté de franchir la mer de Marmara pour trouver une vie meilleure? Avait-il fui la misère ou une guerre?
Il ressentit toute l'épaisseur de la solitude dans laquelle certains hommes étaient condamnés à mourir. Combien de fois l'avait-il imaginé, cette double peine de mort, cette condamnation à disparaître corps et âme."

"- Parfois, j'aime cette ville. J'aimerais y être chez moi.
- Mais depuis le temps que vous y séjournez, vous devez vous y sentir à votre aise, non?
- Etre à son aise est une chose. Se sentir chez soi en est une autre. Etre chez soi, cela signifie vivre à l'endroit de ses souvenirs. Je veux dire : avoir suffisamment vécu en un lieu pour y avoir son histoire, ses racines. Moi, mes souvenirs sont ailleurs, dans une autre ville, dans un autre pays. J'ai beau me sentir bien, ici, je ne serai jamais chez moi. Ce n'est pas ma culture. Ce n'est pas dans ces terres que sont enterrés mes ancêtres. Si vous saviez à quel point la terre est un élément important pour un Géorgien."


Ma critique :

"J'aime les voyages, la mer, les navires, l'univers maritime, je ne pouvais qu'être séduite par cette très belle histoire qui nous conduit à travers la Méditerranée et la mer de Marmara jusqu'à Istanbul. Un texte passionnant, très bien rédigé, qui nous tient en haleine du début à la fin du livre. Olivier Bass possède une bien belle plume. Ce roman est presque un coup de coeur, il restera gravé dans mon souvenir. Je ne peux que le conseiller aux amoureux de la littérature et des voyages. Oui, "L'homme de Marmara" est un roman à savourer sans modération. Quant à moi, je me suis promis d'acquérir au plus vite un autre ouvrage du même auteur "La musique des Kerguelen"."




L'homme de Marmara - Olivier Bass - La Découvrance -

9.11.13 20:31, Commenter

Quand Guillermo G. Peydro filme Jeanne de Petriconi...

Court-métrage programmé pendant le Festival Arte Mare de Bastia, du 18 au 23 novembre 2013
 
 
Le travail de Jeanne de Petriconi
En contre plongée, la mer
De Guillermo G. Peydró
jeudi 31 octobre 2013

Espagne, 2013, 00h25

En contre-plongée, la mer est un film processuel, basé sur un projet de sculpture du même titre, de l’artiste française Jeanne de Petriconi inspirée par les architectures du centre de Madrid. Le film retrace le processus –habituellement inaccessible au spectateur– de la création d’une oeuvre d’art : du substrat intellectuel et poétique, aux défis posés par l’art contemporain. La caméra accompagne, reconstruit ou complète les étapes du processus de création, divisées en cinq phases, qui s’alternent avec les Cinq pièces pour flûte et percussion du compositeur canadien Samuel Andreyev : les lectures initiales qui forment la base théorique de la proposition créative ; la flânerie dans la ville récemment découverte à la recherche de formes singulières ; les dessins sur papier d’éléments architecturaux, organiques et minéraux, qui évoluent et s’entremêlent, donnant lieu aux projets définitifs ; le travail physique avec les matériaux, manuel ou à travers l’usage de machines ; et la présentation finale dans l’espace choisi pour faire éclore ces nouvelles formes qui s’incorporent au monde réel depuis la pure théorie.

La fiche film

Scénario : Guillermo G. Peydró Image : Guillermo G. Peydró Montage : Guillermo G. Peydró Musique : Samuel Andreyev Production : Distributeur : Narration : Jeanne de Petriconi

(Source ARTE MARE, Festival du film et des arts méditerranéens)

 


Photo : Court-métrage programmé pendant le Festival Arte Mare de Bastia, du 18 au 23 novembre 2013

28.10.13 08:29, Commenter

FRASQ Générateur de Gentilly, 27 octobre 2013 : Grande fête de l'Art Contemporain

  1. Dimanche 27 octobre 11h > minuit : Clôture de FRASQ

    De 11h à minuit, Le Bal rêvé d'Alberto Sorbelli (performance collective et participative)

    Une fête ? Votre fête ? Une œuvre ?
    Venez avec votre enthousiasme et votre envie de faire la fêt...Afficher la suite
    Dimanche 27 octobre 11h > minuit : Clôture de FRASQ

    De 11h à minuit, Le Bal rêvé d'Alberto Sorbelli (performance collective et participative)

    Une fête ? Votre fête ? Une œuvre ?
    Venez avec votre enthousiasme et votre envie de faire la fêt...Afficher la suite
    Photo : Dimanche 27 octobre 11h > minuit : Clôture de FRASQ  De 11h à minuit, Le Bal rêvé d'Alberto Sorbelli (performance collective et participative)  Une fête ? Votre fête ? Une œuvre ? Venez avec votre enthousiasme et votre envie de faire la fête. L’histoire de ce bal se déroule du matin au soir avec des personnages, des acteurs, des entrées, des sorties et de nombreux coups de théâtre. Le son monte, les échanges se développent, la fête va crescendo.  Laissez-vous entraîner dans le tourbillon de la danse, laissez-vous aller dans une expérience physique et collective où les mots ne sont plus nécessaires…
    hier, à proximité de Paris
  2. Les oeuvres de l'artiste corse Jeanne de Petriconi présentées à Paris pendant le festival FRASQ !!!
    1
    Jeanne de Petriconi présentation de multiples sur divers types de supports: papier, digital ! à découvrir dimanche 27 de 11h à minuit au Generateur à Gentilly !



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27.10.13 13:57, Commenter

La rivière contrariée

La Rivière contrariée
Photo trouvée sur le site : larivierecontrariee.com







Quatrième de couverture :


1831. Envoyé par la Société Générale, Ulysse de Longchamps est loin de se douter des péripéties qui l'attendent lorsqu'il rejoint le coeur des Ardennes au terme d'une équipée mouvementée. Car c'est avec un invraisemblable souterrain pour bateaux qu'il a rendez-vous, soixante mètres sous la crête du vieux massif rocheux.

Le Grand-Duché est une contrée mystérieuse dont les "gisements miniers" attisent bien des convoitises. Celles de la Société du Luxembourg, surtout. C'est elle qui s'est lancée dans ce projet fou, imaginé et financé par le roi Guillaume d'Orange : relier la Meuse à la Moselle en canalisant l'Ourthe, sauvage et capricieuse!

Pourquoi donc les responsables des travaux n'ont-ils plus donné signe de vie depuis la Révolution belge? Ont-ils oublié l'importance des capitaux en jeu, la pression du Gouvernement, la brièveté des délais impartis? Le chantier sera-t-il pris en otage par les Prussiens pressés de rétablir les Hollandais au pouvoir?

Odeur de poudre et sabotages, poursuites et guet-apens, intrigues financières et tentatives de séduction : Ulysse ne reviendra pas indemne de cette enquête qui le met aux prises avec ses propres contradictions.

Conjuguant la rigueur d'une étude historique et la vitalité d'un roman d'action, La Rivière contrariée nous initie aux stratégies audacieuses des premiers capitaines d'industrie, sur fond de tourmente post-révolutionnaire.


Géry de Pierpont, archéologue de formation et spécialiste en restauration de monuments, est un "passeur de patrimoine". Son parcours professionnel l'a immergé dans plusieurs univers : officier du Génie, conseiller à la Fondation Roi Baudouin, coordinateur du musée d'histoire de la Belgique, directeur d'un réseau d'entreprises et responsable communication de la Maison des Auteurs.

La Rivière contrariée a été couronné en 2003 du Prix quinquennal du roman historique Alex Pasquier de l'Association des Ecrivains belges.





Extraits :



"Les clameurs des ouvriers du chantier parviennent à présent aux oreilles d'Ulysse, de plus en plus distinctement. On approche du Saint des saints, du coeur même de la grande entreprise. Cris, chocs métalliques, percussions répétées en chaîne, rumeurs étouffées se répandent dans la vallée artificielle, amplifiés par les parois en porte-voix.
Et puis brusquement, au-delà d'un coude de la tranchée, voilà qu'apparaît l'entrée du souterrain de Buret, émergeant du flanc même de la colline. Elle a l'air fort éloignée encore, écrasée sous la masse des déblais qui alourdissent l'horizon. Peut-être est-elle simplement plus petite qu'Ulysse ne l'avait imaginée. Oui, c'est cela, plus petite. A vrai dire, à côté du canal, élargi à cet endroit pour permettre aux bateaux de se croiser, elle donne l'impression d'avoir été calculée trop juste. Quelle discrétion par rapport à la cuvette évasée qui lui sert d'antichambre!
L'ouverture du souterrain, aux angles soigneusement renforcés de pierres de taille, étire fièrement ses quatre mètres et demi d'obscurité. La baie qui semblait si menue prend à présent des allures plus impressionnantes. Deux hommes pourraient quasi s'étendre dans sa largeur sans se toucher des pieds. Heureusement, car le va-et-vient des ouvriers est continu : ils entrent et sortent, se faufilent entre brouettes et chariots avec une régularité de métronome. Triste défilé de travailleurs drapés de bleu noirci, si jeunes encore. Tant d'enfants, de jeunes filles, pliés en deux d'avoir trop éprouvé leur petit dos. Et quelle sévérité dans le regard! La vie a-t-elle déjà durci leur âme, enchaîné leurs rêves?"


"Voici le premier puits d'extraction, claironne De Puydt en s'approchant d'une construction de bois de deux étages. C'est la plus petite des sept cheminées qui relient la galerie à la surface. C'est par ici que nous avons commencé à extraire les gravats du souterrain. Plusieurs jeunes gens se relaient en permanence pour en actionner le treuil. Tenez, dit-il en pointant l'index vers l'orient, la tourelle que vous apercevez là-bas est un deuxième puits, quasi identique à celui-ci.
Tout autour des deux hommes circulent des ouvriers chargés de paniers, de hottes de bricaillons à déverser sur les crassiers qui jalonnent les bords du chemin. La boue grasse du schiste dégouline en larges traînées sur les corps en sueur, puis remonte jusqu'aux visages avec les mains qui les épongent.
Ulysse aperçoit plusieurs jeunes filles dans le groupe et se laisse émouvoir par leurs yeux blancs cernés de suif. Un sourire, une plaisanterie fusent de temps en temps : le travail n'a pas complètement privé ces enfants trop tôt sevrés de leur spontanéité. Ils ont plus de chance que ceux qui vivent enfermés, de jour comme de nuit, dans l'étouffant souterrain."




Mon avis :


J'ai terminé la lecture de ce roman politico-historique, il y a quelques jours et il faut bien avouer que je reste sous le charme de cette histoire captivante, très bien menée, magnifiquement écrite. Je crois qu'il n'est jamais facile de faire la critique d'un livre, qu'on l'ait apprécié ou au contraire pas du tout aimé. Il ne s'agit pas de faire un résumé, mais de partager son ressenti. Mon engouement pour "La rivière contrariée" a été très fort, j'ai été séduite, la lectrice que je suis à été tenue en haleine tout au long des 357 pages de cet ouvrage. On ne peut pas reprocher à Géry de Pierpont de ne pas posséder un bon talent de conteur! Il est servi également par une très belle plume, son style est aisé. Il a su également effectuer un énorme travail en amont de la rédaction de son texte. Son roman est étayé par de solides recherches. Son travail est honnête et sérieux, ce qui est déjà un bon point pour un auteur. Le roman tient la route, Géry de Pierpont ne se moque pas de son lecteur, qu'il en soit loué.
J'espère que Géry de Pierpont voudra bien me pardonner deux comparaisons littéraires. En me plongeant dans la découverte de ce beau roman, je n'ai pas pu m'empêcher de songer à deux livres que j'ai beaucoup aimés, il y a quelques années, au point de devenir de véritables coups de coeur : "Soie" de Alessandro Baricco et "Assam" de Gérard de Cortanze. L'époque y est pour quelque chose bien entendu, l'action de "La rivière contrariée" se situant à mi chemin entre "Assam" (fin du 18ème siècle) et "Soie" (seconde partie du 19 ème siècle). Dans les trois romans, les héros partent en mission. Alessandro Baricco envoie son personnage principal au Japon à la recherche d'oeufs de vers à soie, Gérard de Cortanze fait partir le sien aux confins de la Chine à la recherche de l'arbre à thé... Pour Géry de Pierpont la destination est moins lointaine, moins exotique (bien que l'exotisme se trouve partout) puisque le protagoniste, Ulysse de Longchamps, quitte Bruxelles pour rédiger un rapport sur un chantier situé au Luxembourg. Pour nos trois héros, il est question de mission, de voyage, de péripéties, sur fond historique.
Par ailleurs, j'ai été très intéressée par la partie industrielle de ce roman. Comment passer outre ces conditions de travail très difficiles en ce 19 ème siècle  où beaucoup de main-d'oeuvre était encore nécessaire alors que l'utilisation de machines en était encore à son balbutiement... Là-encore, face à quelques paragraphes de "La rivière contrariée", j'ai été tentée de faire un rapprochement avec le poème Mélancholia, tiré des Contemplations, du grand Victor Hugo :

"Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement."
(...)

Victor Hugo qui en son temps (1802-1885) a su dénoncer un travail inhumain, exécuté très souvent par des enfants.

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié ce magnifique roman de Géry de Pierpont, et c'est avec un regret teinté de nostalgie que j'ai refermé l'ouvrage. On n'a pas toujours la chance de lire un texte intelligent, bien construit, bien écrit qui conjointement nous invite au voyage dans le temps et dans l'espace... Belle rencontre donc! Si ce livre "La rivière contrariée" se trouvé à portée de votre main de lecteur, ne passez surtout pas votre chemin. Lisez-le. Je suis certaine qu'à votre tour, vous serez séduit par cette oeuvre d'excellence.





Géry de Pierpont - La rivière contrariée - édition à compte d'auteur







6.9.13 09:31, Commenter